Comptabilité et gestion

Amortissement : définition et méthodes expliquées

Amortissement : définition, biens concernés, méthodes linéaire et dégressive, calcul et écritures comptables pour maîtriser vos immobilisations.

par Kilian Rondeau 17 min de lecture

Comptable analysant un tableau d'amortissement avec calculatrice, ordinateur et documents financiers.

13 min de lecture

4,6sur 5410 votes

  • 3,6Klecteurs
  • 13en ce moment
  • 127partages

L’amortissement est la constatation comptable de la perte de valeur d’un bien que l’entreprise utilise durablement : une machine, un ordinateur, un véhicule, un bâtiment. Au lieu d’inscrire tout le prix d’achat en charge l’année de l’achat, on le répartit sur la durée d’utilisation du bien, sous forme de dotations annuelles qui diminuent le résultat et, sous conditions, le bénéfice imposable. Deux méthodes dominent : le linéaire, qui étale la même somme chaque année, et le dégressif, qui concentre la charge sur les premières années.

Le principe paraît simple, mais il conditionne des choix concrets dès le premier investissement : immobiliser ou passer en charge, fixer une durée, retenir une méthode, dater le point de départ. Ces choix pèsent à la fois sur le résultat présenté au banquier et sur l’impôt dû.

Définition de l’amortissement : pourquoi un bien immobilisé perd de la valeur

En comptabilité, une immobilisation est un bien destiné à servir durablement l’activité, c’est-à-dire sur plus d’un exercice. Un stock de marchandises est revendu, une ramette de papier est consommée dans le mois ; une presse, une camionnette ou un logiciel de gestion travaillent pour l’entreprise pendant plusieurs années. Leur coût ne peut donc pas peser sur un seul exercice sans fausser l’image des comptes.

Or ces biens s’usent. Trois causes expliquent la perte de valeur, souvent cumulées :

  • l’usure physique liée à l’usage : kilomètres parcourus, heures de fonctionnement, pièces produites ;
  • le temps, qui dégrade un bien même peu utilisé (corrosion, vieillissement des matériaux) ;
  • l’obsolescence technique ou économique : un ordinateur en parfait état devient inadapté parce que les logiciels évoluent, une machine perd son intérêt face à une technologie plus performante.

L’amortissement traduit cette consommation progressive en chiffres. Chaque année, une fraction du coût d’acquisition est inscrite en charge sous le nom de dotation aux amortissements. Au bilan, le bien reste affiché à sa valeur d’origine (la valeur brute), diminuée du total des amortissements déjà pratiqués : la différence s’appelle la valeur nette comptable.

Amortir sert quatre objectifs, qui intéressent autant le dirigeant que son comptable :

  1. Donner une image fidèle : le résultat de chaque exercice supporte la part du coût du bien qu’il a réellement consommée.
  2. Lisser le résultat : un gros investissement ne transforme pas une année rentable en année déficitaire.
  3. Réduire l’impôt : la dotation est déductible du bénéfice imposable si les conditions fiscales sont remplies.
  4. Préparer le remplacement : la dotation diminue le bénéfice sans faire sortir d’argent, ce qui laisse dans l’entreprise des ressources pour financer le futur équipement.

Le point de départ de tout le mécanisme est la pièce d’achat. Avant de ranger une facture d’équipement, vérifiez qu’elle porte bien les mentions obligatoires d’une facture (date, désignation précise, prix hors taxe) : c’est elle qui fixe la base amortissable et la date d’acquisition.

Biens amortissables et biens non amortissables : les critères à vérifier

Un bien est amortissable quand il réunit trois conditions : il est inscrit à l’actif de l’entreprise (elle en est propriétaire ou en a le contrôle), il sert l’activité sur plusieurs exercices, et sa durée d’utilisation est limitée dans le temps et déterminable. Ce dernier critère fait toute la différence : ce qui ne s’use pas, ou dont on ne peut pas prévoir la fin, ne s’amortit pas.

Type de bienAmortissable ?Précision utile
Matériel et outillage industrielOuiSouvent éligible au dégressif s’il est acheté neuf
Matériel informatiqueOuiDurée courte, l’obsolescence domine
VéhiculesOuiDéduction fiscale plafonnée pour les véhicules de tourisme selon leurs émissions de CO2
Mobilier et agencementsOuiAgencements amortis sur leur durée propre, parfois distincte de celle du local
ConstructionsOuiHors valeur du terrain, à isoler dans le prix
Logiciels, brevetsOuiSi la durée d’utilisation ou de protection est limitée
TerrainsNonException : terrains de carrière, amortis au rythme de l’extraction
Fonds de commerce, droit au bailNon, en principeUne dépréciation reste possible si leur valeur baisse
MarquesNon, en principeProtection renouvelable sans limite
Œuvres d’artNonElles ne se déprécient pas par l’usage
Titres de participation, dépôts de garantieNonImmobilisations financières, seulement dépréciables

Terrains, fonds de commerce, œuvres d’art : la logique des exclusions

Un terrain ne s’use pas : sa valeur peut baisser ou monter avec le marché, mais pas du fait de son utilisation. Quand une entreprise achète un bâtiment, elle doit donc ventiler le prix entre la construction, amortissable, et le terrain, qui reste à l’actif pour sa valeur d’achat. Le fonds de commerce obéit à la même idée : la clientèle, l’enseigne et le droit au bail n’ont pas de durée de vie prévisible. Les œuvres d’art, enfin, sont présumées conserver leur valeur. Dans tous ces cas, si la valeur réelle chute (un fonds de commerce dont le chiffre d’affaires s’effondre, par exemple), c’est une dépréciation qui s’enregistre, pas un amortissement.

Le seuil des 500 euros HT pour les petits équipements

Par tolérance fiscale, le petit outillage, le matériel et le mobilier de bureau ainsi que les logiciels dont la valeur unitaire ne dépasse pas 500 € hors taxe peuvent être passés directement en charges, sans amortissement. La tolérance vise l’élément pris isolément : un ensemble de bureaux identiques destinés à équiper un même open space, ou des composants formant un tout, ne peuvent pas être découpés pour passer sous le seuil.

Pour ne rien oublier, tenez dès le départ un tableau des immobilisations : désignation du bien, date d’achat, date de mise en service, montant hors taxe, durée et méthode retenues. Ce fichier devient la colonne vertébrale de vos écritures de fin d’année.

Amortissement comptable et amortissement fiscal : deux lectures d’un même bien

Le même bien peut faire l’objet de deux calculs, parce que la comptabilité et la fiscalité ne poursuivent pas le même but. L’amortissement comptable cherche à décrire la réalité économique : il suit la durée pendant laquelle l’entreprise compte effectivement utiliser le bien, selon un plan fixé dès sa mise en service. Pour les biens importants composés d’éléments à durées différentes (toiture, ascenseur, structure d’un immeuble), le plan comptable impose même un amortissement par composants.

L’amortissement fiscal répond à une autre question : quelle part du coût l’administration accepte-t-elle de laisser déduire du bénéfice imposable chaque année ? La doctrine administrative, notamment le BOI-BIC-AMT-20-10, rappelle que le régime de l’amortissement linéaire repose sur les usages de chaque nature d’industrie, de commerce ou d’exploitation. Concrètement, la déduction suppose que :

  • le bien figure à l’actif et a été effectivement mis en service ;
  • la dotation a été réellement comptabilisée à la clôture de l’exercice ;
  • elle correspond à une dépréciation effective et reste dans les limites des durées d’usage de la profession ;
  • le cumul des amortissements atteint au moins celui qu’aurait donné le linéaire : c’est la règle de l’amortissement minimal, dont le non-respect fait perdre définitivement le droit de déduire la fraction négligée.

Lorsque l’amortissement fiscal autorisé dépasse l’amortissement comptable (cas typique du dégressif ou d’une durée d’usage plus courte que la durée d’utilisation), l’écart est enregistré en amortissement dérogatoire, une provision réglementée inscrite au passif. Dans le cas inverse, la fraction comptable excédentaire est réintégrée dans le résultat fiscal. Pour alléger ce double suivi, les petites entreprises au sens du Code de commerce (celles qui ne dépassent pas deux des trois seuils fixés en total de bilan, chiffre d’affaires et effectif de 50 salariés) peuvent retenir directement la durée d’usage fiscale pour leurs biens non décomposables.

Ces règles ne concernent que les entreprises au régime réel. Un micro-entrepreneur ne comptabilise pas d’amortissement : l’abattement forfaitaire est censé couvrir toutes ses charges, investissements compris. Pour une activité qui démarre avec un matériel coûteux, cette différence compte parmi les critères à peser au moment de choisir entre micro-entreprise et société.

Amortissement et dépréciation comptable : deux notions distinctes

L’amortissement est systématique et irréversible : il découle d’un plan et constate une consommation du bien qui ne reviendra pas. La dépréciation est ponctuelle et réversible : elle s’enregistre quand la valeur actuelle d’un actif (sa valeur vénale ou sa valeur d’usage) tombe sous sa valeur nette comptable, et elle peut être reprise si la situation s’améliore. Un bien amortissable peut d’ailleurs subir les deux, par exemple une machine endommagée par un sinistre partiel ; un bien non amortissable, comme un terrain, ne peut connaître qu’une dépréciation.

Le cas de l’amortissement immobilier

L’amortissement immobilier suit les mêmes principes, appliqués à un bâtiment. Une entreprise propriétaire de ses locaux, une SCI soumise à l’impôt sur les sociétés ou un loueur en meublé au régime réel amortissent la construction, l’agencement et le mobilier, mais jamais la quote-part du terrain. L’intérêt fiscal est réel : les dotations réduisent, voire neutralisent, le revenu imposable tiré des loyers. Il faut toutefois connaître les limites propres à chaque régime. En location meublée non professionnelle, l’amortissement ne peut pas créer de déficit (l’excédent se reporte sur les années suivantes), et les amortissements déduits sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente. Ces mécanismes évoluent au fil des lois de finances : avant tout montage, faites valider le calcul par un professionnel. Mieux comprendre le rôle de l’administration fiscale aide aussi à anticiper ce qu’elle vérifiera en cas de contrôle : justification de la ventilation terrain et construction, cohérence des durées, réalité de la mise en location.

Les méthodes d’amortissement : linéaire, dégressif et unités d’œuvre

La méthode détermine le rythme auquel la charge est constatée, pas son montant total : quelle que soit la technique, un bien acheté 10 000 € génère 10 000 € de dotations sur sa durée de vie, valeur résiduelle mise à part.

Comment fonctionne l’amortissement linéaire

C’est la méthode de référence, et la plus utilisée. La base amortissable est divisée par la durée d’utilisation : un bien amorti sur 5 ans subit une dotation de 20 % par an, sur 4 ans de 25 %, sur 10 ans de 10 %. Le taux se calcule simplement : 100 divisé par le nombre d’années. La première et la dernière annuité sont calculées au prorata du temps écoulé (prorata temporis), en partant de la date de mise en service.

L’amortissement dégressif, un levier fiscal encadré

Le dégressif applique un taux constant non pas au coût d’origine, mais à la valeur nette restante en début d’exercice. Les annuités sont donc fortes au départ puis décroissent. Ce taux s’obtient en multipliant le taux linéaire par un coefficient qui dépend de la durée d’utilisation :

Durée d’utilisationCoefficientExemple de taux dégressif
3 ou 4 ans1,254 ans : 25 % x 1,25 = 31,25 %
5 ou 6 ans1,755 ans : 20 % x 1,75 = 35 %
Plus de 6 ans2,2510 ans : 10 % x 2,25 = 22,5 %

Ce régime est réservé aux biens acquis neufs, d’une durée d’utilisation d’au moins 3 ans, et appartenant à certaines catégories : matériels et outillages industriels, matériels de manutention, installations techniques, matériel informatique, notamment. Les véhicules de tourisme, le mobilier de bureau courant et les biens d’occasion n’y ont pas droit. Le point de départ n’est pas la mise en service mais le premier jour du mois d’acquisition. Enfin, dès que l’annuité linéaire calculée sur la durée restante devient supérieure à l’annuité dégressive, on bascule sur cette annuité linéaire jusqu’à la fin du plan.

L’amortissement en fonction des unités d’œuvre

Plus rare, cette méthode indexe la dotation sur l’usage réel : kilomètres parcourus par un camion, heures de fonctionnement d’une machine, nombre de pièces produites. Elle est pertinente quand l’activité varie fortement d’une année à l’autre. Sur le plan fiscal, son articulation avec les règles du linéaire mérite d’être validée avec un expert-comptable.

MéthodeRythme de la chargePour quels biensIntérêt principal
LinéaireConstant chaque annéeTous les biens amortissablesSimplicité, lisibilité du résultat
DégressifFort au début, puis décroissantBiens neufs éligibles, 3 ans minimumDéduction fiscale anticipée
Unités d’œuvreVariable selon l’usageBiens dont l’usure se mesureColler à la consommation réelle

Pour trancher, posez-vous une question : avez-vous intérêt à déduire davantage dès les premières années ? Si l’entreprise est bénéficiaire et investit dans un équipement éligible, le dégressif allège l’impôt plus tôt. Si elle démarre avec des résultats faibles ou déficitaires, le linéaire évite de creuser des pertes peu utiles et présente un résultat plus régulier.

Calculer l’amortissement d’une immobilisation : exemple chiffré

Le calcul suit toujours le même enchaînement :

  1. Fixer la base amortissable : prix d’achat hors taxe si la TVA est récupérable, augmenté des frais accessoires (transport, installation, mise en route) et diminué des remises obtenues. Une valeur résiduelle se déduit seulement si elle est significative et mesurable dès l’origine.
  2. Choisir la durée : durée d’utilisation prévue, en cohérence avec les usages de la profession.
  3. Dater le point de départ : mise en service pour le linéaire, premier jour du mois d’acquisition pour le dégressif.
  4. Retenir la méthode et établir le plan année par année.

Prenons une machine achetée 10 000 € HT, livrée et mise en service le 1er janvier, amortie sur 5 ans, dans une entreprise dont l’exercice correspond à l’année civile. En linéaire, la dotation est de 2 000 € par an. En dégressif, le taux est de 35 % (20 % multiplié par 1,75).

AnnéeDotation linéaireValeur nette en linéaireDotation dégressiveValeur nette en dégressif
Année 12 000 €8 000 €3 500 €6 500 €
Année 22 000 €6 000 €2 275 €4 225 €
Année 32 000 €4 000 €1 478,75 €2 746,25 €
Année 42 000 €2 000 €1 373,13 €1 373,12 €
Année 52 000 €0 €1 373,12 €0 €
Total10 000 €10 000 €

Le basculement intervient en année 4 : il reste alors 2 ans, soit un taux linéaire de 50 %, supérieur aux 35 % du dégressif. La valeur nette de 2 746,25 € est donc répartie à parts égales sur les deux dernières années. Sur les deux premiers exercices, le dégressif a permis de déduire 5 775 € contre 4 000 € en linéaire : un avantage de trésorerie fiscale, qui s’inverse ensuite.

Quand débute l’amortissement d’un bien immobilisé

En linéaire, le compteur démarre à la mise en service, qui peut être postérieure à l’achat : une machine livrée en mars mais installée en mai s’amortit à partir de mai. Avec la même machine mise en service le 1er juillet, la première annuité linéaire tombe à 1 000 € (6 mois sur 12), les quatre suivantes restent à 2 000 €, et les 1 000 € restants sont constatés sur le premier semestre de la sixième année. En dégressif, le prorata se compte en mois entiers à partir du mois d’acquisition, même si le bien n’est mis en route que plus tard.

Un simple tableur suffit pour bâtir ces plans : une ligne par bien, une colonne par exercice, et une formule qui calcule la dotation et la valeur nette. Conservez-le avec les factures, il servira de justificatif.

Écritures d’amortissements, cession et remplacement du bien

La dotation s’enregistre à la clôture de chaque exercice, en même temps que les autres écritures d’inventaire. Le compte de charge 6811 (dotations aux amortissements sur immobilisations incorporelles et corporelles) est débité, et un compte de la classe 28 est crédité selon la nature du bien : 2813 pour les constructions, 2815 pour les installations techniques et le matériel industriel, 2818 pour les autres immobilisations corporelles comme le matériel de bureau, informatique ou de transport.

CompteLibelléDébitCrédit
6811Dotations aux amortissements sur immobilisations2 000 €
2815Amortissements des installations techniques, matériel et outillage2 000 €

Cette écriture, tirée de l’exemple linéaire, se répète chaque année. Au bilan, la machine apparaît pour 10 000 € bruts, diminués des amortissements cumulés, soit 8 000 € nets à la fin de la première année. Si la comptabilité courante reste un terrain encore neuf pour vous, prenez le temps d’apprendre à tenir sa comptabilité quand on débute avant la première clôture : les écritures d’inventaire sont celles que l’on oublie le plus facilement.

La vie du bien ne s’arrête pas toujours à la fin du plan. En cas de vente, on constate d’abord une dotation complémentaire jusqu’à la date de cession, puis on sort le bien de l’actif : sa valeur nette comptable passe en charge (compte 675) et le prix obtenu en produit (compte 775). La différence forme la plus-value ou la moins-value de cession. Un bien détruit par un sinistre ou mis au rebut sort de la même manière, l’éventuelle indemnité d’assurance venant en produit.

Reste l’enjeu de gestion le plus souvent négligé : le remplacement. Puisque la dotation réduit le bénéfice sans décaissement, elle laisse dans l’entreprise une capacité de financement équivalente. Encore faut-il ne pas la distribuer ni la dépenser ailleurs. Mettre de côté, chaque mois, une somme proche de la dotation annuelle divisée par douze relève du même réflexe que provisionner ses charges sociales : on anticipe une dépense certaine pour ne pas la subir le jour venu. À l’échéance du plan, le renouvellement de l’équipement se finance alors en partie sur fonds propres, ce qui facilite aussi la négociation d’un prêt pour le reste.

Peut-on changer de méthode d’amortissement en cours de route ?

En principe, le plan retenu à l’acquisition s’applique jusqu’au bout. Comptablement, il peut être révisé si les conditions d’utilisation du bien changent nettement, et la révision ne joue que pour l’avenir. Fiscalement, l’option pour le dégressif se prend dès l’acquisition : elle ne peut pas être exercée plus tard sur un bien déjà amorti en linéaire.

Un bien totalement amorti reste-t-il inscrit au bilan ?

Oui. Il figure toujours à l’actif pour sa valeur brute, compensée par des amortissements cumulés du même montant, soit une valeur nette nulle. Plus aucune dotation n’est passée, et le bien ne disparaît des comptes qu’au moment de sa vente, de sa mise au rebut ou de sa destruction.

L’amortissement fait-il sortir de l’argent de la trésorerie ?

Non. La dotation est une charge calculée : l’argent est sorti le jour de l’achat, pas au moment de l’écriture de fin d’exercice. C’est pour cette raison qu’un bénéfice comptable modeste peut cohabiter avec une trésorerie correcte, et que l’amortissement entre dans le calcul de la capacité d’autofinancement.

Quelle durée retenir pour un ordinateur, un véhicule ou du mobilier ?

Les ordres de grandeur couramment admis sont d’environ 3 ans pour le matériel informatique, 4 à 5 ans pour un véhicule, 5 à 10 ans pour du matériel industriel, 10 ans pour du mobilier et 20 à 50 ans pour des constructions. La durée doit surtout coller à l’usage réel du bien dans votre activité, et un écart important avec les usages de la profession doit pouvoir se justifier.

Un bien acheté d’occasion s’amortit-il ?

Oui, dès lors qu’il remplit les conditions d’une immobilisation amortissable. Il s’amortit en linéaire sur sa durée probable d’utilisation restante, souvent plus courte que celle d’un bien neuf. Le dégressif, réservé aux biens neufs, lui est en revanche fermé.

L’auteur

Kilian Rondeau

Expert-comptable

Je tiens les comptes de petites structures et de indépendants depuis quinze ans. Je préfère expliquer la tenue de comptes simplement plutôt que de laisser mes clients découvrir les problèmes en fin d’exercice.

Voir tous ses articles

Votre avis compte

Cet article vous a-t-il été utile ?

4,6sur 5410 votes

Notez cet article :

Commentaires

Soyez le premier à réagir.

Pour continuer la lecture

Guide Création Entreprise

Une question en tête ?

Créer et structurer son entreprise en France : du choix du statut juridique aux premières factures, un accompagnement pas à pas pour les porteurs de projet qui se lancent seuls.